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vendredi 16 septembre 2016

Genèse Ma'ohi



Part 4



Munanui 
le roi géant de Haoragai


Quelle ne fut ma surprise à la lecture de la Création selon la tradition de Hao, île des Tuamotu, de la tribu des Parata, de pouvoir la comparer au récit biblique.
Le recueil d'Eugène Caillot s'ouvre sur le récit des ancêtres de Hao, littérature orale transmise de génération en génération.

« Nous avons trois dieux : Vateanukumauatua, Tane et Tagaroa.
C'est Vatea qui a fait la terre et le ciel et toutes les choses qui s'y trouvent.
Vatea a fait la terre plate, le ciel y était adhérent. Tane l'a soulevé, et Tagaroa l'a maintenu éloigné.
Le nom de la terre était Hawaiki .
Quand la terre a été finie, il a fait l'homme, appelé Tiki, et sa femme , Hina.
Ils ont couché ensemble et ils ont eu des enfants. »

Plus loin sont évoqués le déluge, la pirogue de Rata qui devait abriter sa femme, leurs trois fils et leurs épouses, puis la clôture de Maragai, équivalent de la tour de Babel où les langues seront multipliées.

La Genèse selon les ancêtres de Hao raconte que le célèbre, redoutable mais très aimé roi Munanui fut créé en même temps que son île. 
Au moment où la terre Haoroagi a été faite, est né le roi Munanui. 
C'était un géant qui ne se battait avec d'autres armes que ses énormes mains avec lesquelles il prenait quatre hommes à la fois et les déchirait. 
Il n'y eut pas d'autres rois après lui ; il y a eu de grands guerriers à Hao, mais ils n'ont jamais été rois.

Bien longtemps après Munanui est né un ariki,  Tuohea, qui allait devenir grand-chef du sud de Hao. 
Né avec quatre yeux, ses parents, épouvantés, l'abandonnèrent. Il fut élevé par les mauvais esprits qui habitaient le sud de l'île.

Dans ces écrits des temps premiers de la création du monde selon Hao, nous ne pouvons que nous laisser emporter par la dimension poétique du récit pourtant cruel et insupportable.

Ainsi, le Ariki Tuohea avait pour vêtements «  la pluie, la mer, le vent, le soleil... ». 
Il se présente ainsi : «  Moi, je suis le roi du côté sud, mes gens sont les mauvais esprits, mes résidences sont Onikau et Opokara, sous terre, où je suis tous les jours... je dors dans le lagon sur des cailloux. Je n'ai ni froid ni mal, mais tout le temps pendant que je me repose, j'ai deux yeux qui dorment et deux yeux qui veillent ».

Alors qu'il se meurt, il dit encore : « c'est moi le roi Tuohea, le roi du grand sud , du sud où il n'y a pas d'arbres, où il n'y a qu'un récif : mes vêtements sont la pluie, le vent, le soleil, mes quatre yeux regardent en haut, en bas, et je vois trouble maintenant, je meurs à Opokara . »





lundi 29 août 2016




Genèse Maohi
I




Le monde Polynésien ou Te Ao Ma'ohi divisé en cinq archipels se décline en autant de versions de la Genèse. Certains îles ont elles-mêmes leur propres versions.

Je ne retiendrai ici que deux versions, celle de Hao, Tuamotu, île natale et ancestrale de ma grand-mère maternelle, et celle des îles de la Société d'où vient ma grand-mère paternelle.

Durant une grande partie de ma vie, j'ignorais tout de la Génèse de mon pays telle qu'elle fut connue de mes ancêtres.

J'avais entendu parler de Taaroa qui semblait être le dieu le plus important. Je savais que les tiki devaient être respectés car ils font partie des cultes anciens. Les marae me faisaient peur car des sacrifices humains étaient attachés à leur Histoire.

En grandissant au sein de mes familles Ma'ohi, j'ai appris que tout est habité et vivant, même le monde inerte, les pierres, les arbres, l'eau, les vents, les animaux et même les terres, les lieux.


à suivre...