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vendredi 3 juin 2016

Au large de Katiu





C'est une autre belle journée sur les mers des Tuamotu. 
Nous avons quitté l'île de Anaa, mais nous sommes toujours dans le monde des Parata ou Putahi. 

Au large de Katiu, la baleinière est hissée hors du navire et posée sur la mer. 
Elle a à peine touché la surface de l'eau que le pilote Gilles Avae a déjà démarré le moteur. Une concomitance qui me surprend d'admiration chaque fois. 

Puis le pilote approche la baleinière tout près de la coque du navire pour faciliter le chargement. 
Et Alain le grutier très expérimenté et habile procéde au chargement. 

Une jeune femme qui a embarqué hier à Anaa monte avec moi dans la baleinière pour "la balade". 
Elle a quitté Anaa et se rend à Tahiti. 
Pour le faire elle doit accomplir l'itinéraire complet du bateau, c'est-à-dire voyager pendant une vingtaine de jours. 

Anaa est la première escale et Tahiti la dernière de notre parcours. 
Les hommes et femmes des îles sont courageux et aventuriers. 
Ils ne craignent pas de s'aventurer vers l'inconnu. 

Le voyage fait partie de leur vie. 
Le voyage coule dans leurs gênes






jeudi 5 mai 2016

Le gardien d'étoile

avec le Nukuhau, goelette des îles


Nous voguons vers l'atoll de Anaa . Ce sera notre première escale. Nous l'atteindrons demain. Mon clan maternel est de cette île. C'est la tribu des Parata, anciennement appelée Putahi.


Hoa (passage au sein du récif)
à la sortie du village de Anaa



Je viens de prendre mon café au mess des marins. Je sors prendre l'air sur le pont. Deux jeunes gens bavardent en regardant la mer. L'un parle et l'autre, le plus jeune, écoute.
Celui qui parle ressemble à ce que j'imagine être un Parata ou Putahi. Un corps sec, aux muscles longs, très brun. Les cheveux longs et frisés sont noués sur la nuque. Les yeux sont noirs, le regard est vif et malicieux.
Il me regarde et la conversation est lancée.


C'est un être plein de poésie, de contes et de magie. Il me raconte qu'il possède une météorite, un « morceau d'étoile » dit-il « en forme de goutte d'eau ». Son père l'aurait découverte il y a très longtemps entre les racines d'un cocotier. Il l'aurait recueillie puis cachée des regards rapaces.
Il aurait ensuite confectionné un collier de coquillages-étoile destiné à celui de ses enfants qui deviendrait le gardien de cette fraction d'étoile.


Je ne peux m'empêcher d'imaginer mon nouvel ami tenant la goutte d'étoile à peine plus grande que ses deux mains réunies, le cou paré du collier de coquillages-étoile, les yeux levés vers le firmament, par une nuit où la lune n'est qu'un filet doré suspendu entre les astres.


Plus que tout ce jeune Putahi aime les arcs-en-ciel qui viennent la nuit enjamber l'atoll de leur blancheur. Il me raconte que certains de ces arcs-en-ciel font mouvoir les vents. Je le vois alors écarter ses bras en croix comme il le fait ces nuits là pour sentir les mouvements des vents dans l'air de Anaa. Et son visage se met à briller de bonheur.


Le lendemain, lorsque nous sommes arrivés à Anaa, le gardien d'étoile qui danse avec les vents des arcs-en-ciel de nuit vient me dire au-revoir. Nous nous souhaitons l'un à l'autre bonne route sur les chemins de la vie et de l'extraordinaire. Mais avant de me quitter, il sort son portable et me montre quelques photos. Ce sont des photos de la goutte d'étoile.


Elle existe donc vraiment...

dimanche 24 avril 2016

quelques gouttes de son souffle...



En mer, la contemplation est plus facile que sur terre. Rien ne nous distrait, rien ne nous lasse. 





En mer, je suis dans un autre monde, un monde parallèle, un monde totalement libre où les seules règles sont le respect et l'humilité.



Je suis à bord de Faafaite, la pirogue Ma'ohi



Nous avons quitté Rarotonga et nous regagnons Tahiti.



C'est la fin du jour, l'horizon se borde de nuit.

Soudain je vois à la surface de l'eau une longue colonne de vapeur d'eau. 

J’appelle Matahi qui se retourne immédiatement, mais déjà la colonne a disparu.

C'étaient les retombées du jet d'une baleine. 
Je rêve de recevoir sur moi les gouttes de son souffle. 


Pendant un instant je fantasme avoir été arrosée par elle. Elle était si près de nous. J'aurais tant aimé.

samedi 6 février 2016




REVATAHITI




avec les Tahiti Nui Explorers





Nous sommes dans le dernier numéro du magazine de bord de la Compagnie AIR TAHITI NUI

le n°68 du magazine REVA TAHITI

dans la rubrique Découverte/ Tahiti Nui Explorers