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jeudi 1 décembre 2016

mardi 20 septembre 2016

Un Magasin d'Alimentation
à Anaa








comme on trouve dans chaque atoll des Tuamotu
ou dans les îles lointaines des archipels




on y trouve l'essentiel... et toujours le sourire 






samedi 11 juin 2016

A Makemo 





Nous traversons le village, visitons les églises, puis marchons jusqu'au phare qui se tient majestueux au bout de la route blanche et droite qui mène à la mer. 

C'est merveilleux de se tenir à ses pieds et de ressentir les embruns dispersés dans l'air par les vagues qui s'écroulent à même l'océan. 

Nous nous sentons tellement bien près du phare que nous n'avons plus envie d'en partir même lorsque la pluie arrive par bourrasques.



mardi 24 mai 2016

A Anaa 


4.




Je prends la baleinière avec Jean-Marie le régisseur et Alani qui m'a passé un gilet de sauvetage obligatoire. 

Le temps est gris. Un léger toriri se met à tomber. 
Lorsque que je pose les pieds sur l'île de mes ancêtres, Gana ou encore Anaa comme on l'appelle aujourd'hui, la pluie se met à tomber avec force. 
Toriri devient à présent pluie battante. 



Au lieu de m'agenouiller et d'embrasser la terre comme le fait le Pape lorsqu'il foule un nouveau pays, je cours me réfugier sous le hangar avec la population qui attend ses livraisons. 

Un ami m'a prêté son sac à dos étanche pour ce voyage et je sais que l'appareil photo et tout le reste sont à l'abri. 
Il m'a aussi offert pour l'occasion un carnet "rite in the rain" qui permet d'écrire même sous la pluie. 

Lorsque je trouverai une place ou m'asseoir c'est là, sous le hangar, que j'y écrirai mes premiers mots. 





Les baleinières ont commencé leurs allers-retours. 
J'observe l'immense barge arriver, chargée de denrées, de voitures et du cheval. 



A bord du Nukuhau, ils ont commencé à libérer le dessus des cales.

Puis le petit container de la "vente à l'aventure" arrive, le bureau de vente d'Alani.
Il est posé à terre, face au vent pour sa fraîcheur.



Alani s'installe et démarre les commandes.


La journée commence...




jeudi 5 mai 2016

Le gardien d'étoile

avec le Nukuhau, goelette des îles


Nous voguons vers l'atoll de Anaa . Ce sera notre première escale. Nous l'atteindrons demain. Mon clan maternel est de cette île. C'est la tribu des Parata, anciennement appelée Putahi.


Hoa (passage au sein du récif)
à la sortie du village de Anaa



Je viens de prendre mon café au mess des marins. Je sors prendre l'air sur le pont. Deux jeunes gens bavardent en regardant la mer. L'un parle et l'autre, le plus jeune, écoute.
Celui qui parle ressemble à ce que j'imagine être un Parata ou Putahi. Un corps sec, aux muscles longs, très brun. Les cheveux longs et frisés sont noués sur la nuque. Les yeux sont noirs, le regard est vif et malicieux.
Il me regarde et la conversation est lancée.


C'est un être plein de poésie, de contes et de magie. Il me raconte qu'il possède une météorite, un « morceau d'étoile » dit-il « en forme de goutte d'eau ». Son père l'aurait découverte il y a très longtemps entre les racines d'un cocotier. Il l'aurait recueillie puis cachée des regards rapaces.
Il aurait ensuite confectionné un collier de coquillages-étoile destiné à celui de ses enfants qui deviendrait le gardien de cette fraction d'étoile.


Je ne peux m'empêcher d'imaginer mon nouvel ami tenant la goutte d'étoile à peine plus grande que ses deux mains réunies, le cou paré du collier de coquillages-étoile, les yeux levés vers le firmament, par une nuit où la lune n'est qu'un filet doré suspendu entre les astres.


Plus que tout ce jeune Putahi aime les arcs-en-ciel qui viennent la nuit enjamber l'atoll de leur blancheur. Il me raconte que certains de ces arcs-en-ciel font mouvoir les vents. Je le vois alors écarter ses bras en croix comme il le fait ces nuits là pour sentir les mouvements des vents dans l'air de Anaa. Et son visage se met à briller de bonheur.


Le lendemain, lorsque nous sommes arrivés à Anaa, le gardien d'étoile qui danse avec les vents des arcs-en-ciel de nuit vient me dire au-revoir. Nous nous souhaitons l'un à l'autre bonne route sur les chemins de la vie et de l'extraordinaire. Mais avant de me quitter, il sort son portable et me montre quelques photos. Ce sont des photos de la goutte d'étoile.


Elle existe donc vraiment...

mercredi 16 mars 2016




PAHI








Pahi est un homme qui aime lire. 

Dès nos premières conversations à bord du Nukuhau,
navire où il travaille comme mécanicien,
d'emblée il m'a parlé de ses lectures. 
Si je me trouve pas loin de lui lorsqu'il fait une pause, 
il vient me parler de tel auteur, de tel livre qu'il a aimé. 
Il me parle de la pensée de l'auteur, de ses objectifs. Il détaille certains passages.



Pahi est un homme timide et réservé. Il ne parle pas de lui.
Il parle de ses lectures. 
Il aime spécialement ces livres qui parlent d'animaux, de leur vie et de leurs sentiments, ces livres qui parlent de communication avec le monde animal et celui de la nature. 
Lorsque je veux le photographier, il baisse les yeux. Il tourne le visage. 





Aujourd'hui il est descendu à terre. Je marche avec lui. Nous mangeons chacun notre firifiri. 
Nous sommes à Nihiru, l'île où il est né et à grandi.
Il est descendu pour me la faire visiter.
Son île est belle comme un premier matin du monde.
Pahi me dit que lorsqu'il aura fini d'arpenter les mers pour son travail, il reviendra vivre dans son île.

vendredi 22 janvier 2016

REAO, un atoll des Tuamotu



son peuple n'avait aucune connaissance de la guerre...



Reao, son nom signifie Joyau du Monde
Les colons la nommèrent Clermont-Tonnerre

Luxuriante, riche en taro et ape (arums),
Reao était habitée par un peuple paisible qui n'avait aucune connaissance de la guerre

Un jour des guerriers arrivèrent de Tatakoto (Battement qui résonne) et de Nukutavake (flotte qui avance)
à bord de grandes pirogues de guerre,
armés de lance.
Ils débarquèrent à Reao et furent accueillis sans méfiance par les habitants
Ils s'installèrent dans l'île sans en demander au peuple l'autorisation et se mirent à vivre à ses dépens.
Leur but était de faire des habitants leurs esclaves et ils se montrèrent très agressifs.

C'est alors que se manifesta Taihuka (mer sans limites)
Taihuka était un arii.
Il était un géant.
Il était réputé pour son énorme tête et pour sa bravoure
Il rassembla un groupe d'hommes et les forma aux tactiques de combats de l'ennemi

C'est ainsi que l'ennemi reçut une raclée mémorable de la part de ces guerriers nouvellement formés par le géant Taihuka.
Les guerriers de Tatakoto et de Nukutavake s'enfuirent dans leurs pirogues pour ne plus jamais revenir à Reao...





samedi 14 novembre 2015

Il y a une règle à Hikueru:

La nuit on ne travaille pas sur le quai


le Nukuhau

Le Nukuhau s'est mis en dérive au large de l'atoll de Hikueru.

Nous sommes arrivés en fin d'après-midi.
Les dockers et baleinières ont pu livrer à terre une voiture et du bois de construction.
Mais ils s'arrêteront là.

La nuit arrive.
Il y a une règle à Hikueru: on ne travaille pas sur le quai la nuit.
Le quai n'est pas éclairé et le travail de nuit n'est pas autorisé.

L'équipage bénéficie alors d'une nuit de repos.

Au lever du jour, je n'ai pas envie d'escalader la baleinière pour descendre à terre. J'ai envie de me prélasser à bord et écouter les histoires de vie de ceux qui ne vont pas à terre.

Jean-Marie Métais

Mais Jean-marie Métais, le régisseur, viens m'encourager à descendre:
 -" Tu devrais venir. Cette île a une histoire!"
- "Hikueru?"


Bellona, passagère du navire, nous apprend à faire ce style de couronne de tête


Le soleil tape fort aujourd'hui. A terre, nous commençons par nous faire des couronnes de tête pour nous protéger de ses rayons.


la couronne est prête...

Hikueru...
j'ai hâte de découvrir son histoire






samedi 26 septembre 2015

Le départ vers les Iles Tuamotu et Mangareva


Avec le Nukuhau



Nous partons sous le Toriri, la bruine, symbole cher au cœur des Mao'hi...

C'est samedi. C'est le grand jour du départ. Il est presque dix-sept heures lorsque j'arrive sur les quais de Motu Uta. Il n'y a que quelques voitures. Il pleut et personne n'est dehors. Le quai est propre. Tout est en ordre. Tout est calme.

Je regarde le NukuHau. Il est chargé. Mais tout est rangé impeccablement. Parmi les fûts de gas-oil empilés les uns sur les autres, les bonbonnes de gaz, les bouteilles d'eau et les containers, il y a cinq voitures et un cheval à livrer dans les îles. Et cela n'est que la partie visible. 


Je jette un coup d'œil sur l'itinéraire que je vais parcourir avec le navire. Il y a au programme une vingtaine d'îles à visiter. "Une île par jour" m'a dit Tutehau Martin, l'armateur. Je ne connais pas la plupart d'entre elles. Je connais certaines par leur nom, d'autres pas du tout. Leurs noms résonnent alors en moi de tout leur exotisme et mystère.

 Je suis accueillie par le lieutenant subrécargue Alani Likafia.

Nous partons sous le Toriri, la bruine, qui pour nous est symbole de bénédiction et d'acquiescement. C'est aussi signe que la pluie durera un moment.


La nuit tombe, Tahiti s'allume. Et, comme chaque fois que je quitte mon île par la mer, je la contemple jusqu'à ce qu'elle disparaisse.

Lorsque Tahiti s'est fondue dans la nuit, je me tourne vers l'horizon infini, vers la mer, vers l'Océan Pacifique pour lequel mon cœur bat si fort.

vendredi 18 septembre 2015

Recette de la tarte tatin à la Papaye (façon Nukuhau)

La tarte Tatin à la papaye
à servir accompagnée de lait de coco
ou de glace au coco
recette de Moana Picard

Pour dix personnes



Chef de cuisine à bord du Nukuhau

2 grandes papayes pas trop mures

les peler
les vider de leurs graines

découper en gros morceaux


sur le feu, une poêle
y mettre du sucre blanc
5 grosses cuillères de beurre Anchor
faire revenir
remuer




y ajouter les papayes avant que le caramel ne soit trop sombre
si la papaye est verte, l'ajouter plus tôt
faire revenir
faire saisir un côté de la papaye
puis retourner chaque morceau délicatement

si possible ajouter vanille et cannelle

la papaye verte est prête lorsqu'elle est passée à la couleur orange





verser les morceaux de papaye dans le plat à tarte
arranger les morceaux
recouvrir de pâte feuilletée
rouler la pâte qui déborde
puis l'enfoncer sur le côté de façon à ce que la tarte retienne la papaye lorsqu'elle sera retournée

mettre au four
200 degrés
lorsque la pâte est gonflée et dorée



la tarte est prête...

mercredi 16 septembre 2015

Le gardien d'étoile

Le gardien d'étoile

Nous voguons vers l'atoll de Anaa . Ce sera notre première escale. Nous l'atteindrons demain. Mon clan maternel est de cette île. C'est la tribu des Parata, anciennement appelée Putahi.
Hoa (passage au sein du récif)
 à la sortie du village de Anaa

Je viens de prendre mon café au mess des marins. Je sors prendre l'air sur le pont. Deux jeunes gens bavardent en regardant la mer. L'un parle et l'autre, le plus jeune, écoute.
Celui qui parle ressemble à ce que j'imagine être un Parata ou Putahi. Un corps sec, aux muscles longs, très brun. Les cheveux longs et frisés sont noués sur la nuque. Les yeux sont noirs, le regard est vif et malicieux.
Il me regarde et la conversation est lancée.

C'est un être plein de poésie, de contes et de magie. Il me raconte qu'il possède une météorite, un « morceau d'étoile » dit-il  « en forme de goutte d'eau ». Son père l'aurait découverte il y a très longtemps entre les racines d'un cocotier. Il l'aurait recueillie puis cachée des regards rapaces.
Il aurait ensuite confectionné un collier de coquillages-étoile destiné à celui de ses enfants qui deviendrait le gardien de cette fraction d'étoile.

Je ne peux m'empêcher d'imaginer mon nouvel ami tenant la goutte d'étoile à peine plus grande que ses deux mains réunies, le cou paré du collier de coquillages-étoile, les yeux levés vers le firmament, par une nuit où la lune n'est qu'un filet doré suspendu entre les astres.

Plus que tout ce jeune Putahi aime les arcs-en-ciel qui viennent la nuit enjamber l'atoll de leur blancheur. Il me raconte que certains de ces arcs-en-ciel font mouvoir les vents. Je le vois alors écarter ses bras en croix comme il le fait ces nuits là pour sentir les mouvements des vents dans l'air de Anaa. Et son visage se met à briller de bonheur.

Le lendemain, lorsque nous sommes arrivés à Anaa, le gardien d'étoile qui danse avec les vents des arcs-en-ciel de nuit vient me dire au-revoir. Nous nous souhaitons l'un à l'autre bonne route sur les chemins de la vie et de l'extraordinaire. Mais avant de me quitter, il sort son portable et me montre quelques photos. Ce sont des photos de la goutte d'étoile.


Elle existe donc vraiment...